Ma dernière lecture: trois des Contes d’hiver de Karen Blixen

Je m’étais lancée lundi dans un long voyage en train, et j’en ai profité pour diminuer un peu la hauteur de ma pile à lire.

J’ai commencé par le second livre de l’Odieux Connard (j’ai parlé du premier ici il y a longtemps), et à la réflexion je m’estime assez chanceuse que mes gloussements mal dissimulés n’aient pas attiré l’attention des militaires en armes qui patrouillaient dans les gares bruxelloises alors que j’attendais ma correspondance. Ce cher Odieux vient d’ailleurs de se lancer dans un nouveau concept tout à fait croustillant, le spoil de livres chapitre par chapitre. De mauvais livres, bien sûr. Oh, pardon, de livres qu’il n’a pas aimés. Politiquement correct bonjour.

Mais La vie c’est bien, le cynisme c’est mieux n’a pas suffi à occuper mon voyage de retour, et je fus bien heureuse d’avoir prévu le coup et d’avoir emporté Histoire du petit mousse avec moi. Et… meh.

Le minuscule recueil comprend trois des onze Contes d’hiver, issus du recueil du même nom : Histoire du petit mousse, Le jeune homme à l’œillet et Les perles. Et je dois admettre que je n’en ai compris aucun. Qu’ils soient dépourvus de morale comme on me l’a soufflé, d’accord. C’est… un concept étrange pour des contes, mais d’accord. Ce n’est pas ce qui me dérange le plus.

Histoire du petit mousse est l’histoire d’un mousse qui délivre un faucon des cordages où il s’était empêtré. Deux ans plus tard, lors d’une escale en Norvège, il rencontre une fillette de douze ou treize ans, lui parle cinq minutes et la considère comme sa fiancée. Puis alors qu’il se rend à un second rendez-vous avec elle le lendemain – c’est-à-dire qu’il se rend chez elle pour qu’ils puissent se parler de chaque côté de la clôture du jardin – un marin russe ivre se met à lui faire des câlins dans la rue et il le tue sans aucune raison. Une vieille laponne le cache et lui révèle qu’elle était le faucon qu’il a libéré deux ans plus tôt, parce que les Lapons ont ce pouvoir de métamorphose. Et fin.

Je suppose que je suis passée à côté de quelque chose. Ce texte doit être bourré de symboles : le faucon, la fillette, le marin russe, le couteau, la vielle laponne. Le problème est que je n’ai aucune idée de ce que sont ces symboles et de leur portée. Si quelqu’un a une hypothèse ou une analyse sous la main, je suis preneuse.

Mais si ce premier conte est linéaire et à peu près logique, ce n’est certes pas le cas de la suivante. Je me suis complètement perdue entre les digressions sur les bateaux qui flottent, les dialogues avec Dieu, les fausses histoires racontées à des marins et les changements d’opinion du personnage principal. Je n’ai pas pu dégager un seul message pertinent. Je n’ai aucune idée de ce que je dois comprendre de ce conte, je ne suis même pas certaine qu’il y ait quelque chose à comprendre.

Des trois présents dans le recueil, le seul conte qui se distingue est Les perles. Il a du sens, raconte quelque chose, présente une morale, ou du moins une évolution dans la pensée du personnage. Il est même assez intéressant, car il prend le lecteur à contre-pied et lui montre un mode de pensée et une moralité très différente de ce que nous connaissons ici et maintenant. Cette dernière nouvelle m’a réconciliée avec Karen Blixen – assez pour que j’envisage de lire son roman le plus célèbre : La ferme africaine. Si ce titre ne vous évoque pas grand-chose, ce ne sera pas le cas de celui de son adaptation cinématographique : Out of Africa (oui, le film avec Meryl Streep et Robert Redford). En tout cas, ce titre m’a valu de lire les contes avec Toto en tête.

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