Quelques mots (et images) sur l’esthétique pulp

Je viens de terminer les trois nouvelles que contient le numéro 90 de Bifrost, la revue éditée par Le Bélial’. Ce numéro est dédié à Edmond Hamilton (1904-1977), auteur prolifique de nouvelles de science-fiction parues dans des pulps, et père du Capitaine Futur, adapté et renommé en France en Capitaine Flamme.

Deux des trois nouvelles de ce Bifrost sont d’ailleurs d’Edmond Hamilton (et ma préférée est Comment c’est là-haut,  dans laquelle un homme revenu d’une mission sur Mars rend visite aux parents de ses coéquipiers morts.) C’est tendu, presque poignant sur la fin, et tout sonne très juste.

Mes parents n’ont pas connu les pulps comme Weird Tales ou Amazing Stories, et à supposer que ces magazines aient été diffusés par les buralistes de la campagne ardennaise (j’en doute fortement), mes grands-parents n’y ont accordé aucune attention dans les années 50 et 60. Donc j’ai grandi sans jamais voir de couverture de pulp, sans rien lire de l’Âge d’or de la science-fiction (ce n’est pas moi qui le dit, c’est la dénomination officielle de la science-fiction des années 30 à 50 qui forme un ensemble cohérent. Via les pulps, d’ailleurs.)

Pourtant j’aime beaucoup ce style d’illustration revisité, par la NASA notamment:

Les illustrations d’époque ont pris un certain coup de vieux, comme d’ailleurs, plus tard, les affiches de films comme Mad Max, Star Wars, Blade Runner ou Conan, où il ne manque à l’esprit pulp SF que les décors de planètes et les aliens qui font n’importe quoi.

Je vous mets un petit diaporama de l’artiste illustrateur Frank R. Paul (1884 – 1963), qui imagina beaucoup, beaucoup de couvertures, de mondes et de scènes en aplats de couleurs. « Paul, tu vois, c’était l’équivalent d’un Léonard de Vinci, d’un Michel-Ange, d’un Raphaël de l’âge de l’espace« , écrit Michael Rheyss dans sa nouvelle Les Torches (aussi publiée dans ce Bifrost 90, histoire de centraliser les références).

Il a illustré toutes les couvertures d’Amazing Stories pendant plus de trois ans, soit 38 couvertures (plus quelques-unes pour des numéros spéciaux), et beaucoup de celles de Wonder Stories, de Superworld Comics, et même celle du premier numéro de Marvel Comics. Wikipédia me glisse dans l’oreille qu’il a illustré plus de 220 couvertures durant sa carrière.

Son influence peut difficilement être mesurée. Ses couvertures de pulps ont vraisemblablement inspiré des gens comme Steven Spielberg, Arthur C. Clarke et Ray Bradbury. Et s’il n’est pas à proprement parler « l’inventeur » de la soucoupe volante comme on l’imagine, il en a popularisé le style et influencé l’imaginaire collectif.

Et pour terminer, voici la couverture du premier numéro d’Amazing Stories (par Frank R. Paul, donc), paru en avril 1926. Et son adaptation par Frank Wu pour la renaissance du magazine, en avril 2014.

Je vous laisse admirer ces dinosaures sur patins à glace.

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Une réflexion sur “Quelques mots (et images) sur l’esthétique pulp

  1. envolee92 dit :

    J’aime beaucoup la toute première série d’illustrations que tu as mise. C’est très « cartoon », coloré… Ca me parle. Pour le reste, je ne connaissais pas du tout ce terme et encore moins le courant esthétique qui s’y rapporte. Il ne faut dire que je lis peu de SF. Merci pour la découverte !

    J'aime

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