Le fusil de Tchekhov

La loi dite du fusil de Tchekhov est un procédé narratif vulgarisé à de nombreuses reprises sur YouTube ou Dailymotion (ici par exemple http://www.dailymotion.com/video/x458bdl_chroma-s01-04-signes_shortfilms), aussi je ne m’étendrai pas sur le sujet.

Appelé préparation et paiement dans le jargon de la dramaturgie, ce procédé consiste à présenter un élément, un personnage, un objet, une situation, généralement anodins (préparation), qui réapparaitront par la suite et se révèleront souvent d’une grande importance (paiement). L’expression « fusil de Tchekhov » provient de cette citation d’Anton Tchekhov, nouvelliste, dramaturge et médecin russe :

« Si dans le premier acte vous indiquez qu’un fusil est accroché au mur, alors il doit absolument être utilisé quelque part dans le deuxième ou le troisième acte. Si personne n’est destiné à s’en servir, il n’a aucune raison d’être placé là. »

Un autre petit nom, encore plus parlant : la loi de conservation des détails. Je vous épargne les variantes, les versions anglaises et les blagues des sites spécialisés.

Le fusil de Tchekhov peut être utilisé dans tout ce qui raconte une histoire : littérature, théâtre, cinéma, jeux vidéo. L’ensemble de la série des Harry Potter en regorge, et je n’ai ici pas peur du spoil, car ceux qui n’ont toujours pas lu ou vu les Harry Potter sont ceux qui refusent de les lire ou de les voir.

Prenons l’exemple de la baguette magique achetée par Harry au début de L’école des sorciers, où Ollivander apprend au jeune garçon que la plume au cœur de la baguette fut prélevé sur le même oiseau que la plume de la baguette de Voldemort. Cette information sur le moment anodine constituera le cœur de l’intrigue du septième tome, quand Voldemort, constatant que sa baguette magique ne lui est d’aucune utilité face à Harry, se met en quête de la Baguette de Sureau. Baguette de Sureau qui est d’ailleurs apparue entre les mains de Dumbledore dans le premier tome de la série.

Je me souviens de quelques excellents exemples de cette loi de conservation des détails dans La roue du Temps de Robert Jordan, l’une de mes lectures fétiches d’adolescente. Et ces petits éléments dont on ne comprend l’importance que bien plus tard font partie du plaisir de relire les œuvres qu’on a appréciées.

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